Orthophoniste, psychomotricien, neuropsy : qui consulter ?

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Orthophoniste, psychomotricien, neuropsy : qui consulter ?

Orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, neuropsychologue : chaque professionnel semble parler d'un autre sujet, et les familles ne savent pas par où commencer.

Pour les difficultés de langage, de lecture ou de calcul, le bilan spécialisé est réalisé par l'orthophoniste (Inserm). Selon les troubles, d'autres professionnels réalisent aussi des bilans. Le diagnostic est posé par un médecin, pas par un seul rééducateur.

Qui fait quoi ?

  • Orthophoniste : langage oral et écrit, lecture, orthographe, calcul, parole, voix. Cette première ligne repose sur l'Inserm, qui attribue à l'orthophoniste les bilans du langage, de la lecture et de la cognition mathématique.
  • Psychomotricien : coordination, motricité, gestes, équilibre. 
  • Ergothérapeute : autonomie dans les gestes quotidiens, outils et aménagements.
  • Neuropsychologue : fonctions cognitives, comme l'attention, la mémoire et les fonctions exécutives. 
  • Médecin (traitant ou spécialiste) : pose le diagnostic, prescrit, oriente.
  • ORL, ophtalmologue, orthoptiste : vérifient l'audition et la vue, qui peuvent expliquer certaines difficultés.

Le rôle du médecin dans le parcours

Le médecin est le chef d'orchestre du dispositif, d'où l'importance de commencer par lui. Il utilise des outils de dépistage validés, oriente vers les bilans spécialisés, vérifie si un bilan ORL ou ophtalmologique est utile, puis pose le diagnostic après avoir exclu une déficience intellectuelle, sensorielle ou psychiatrique, ou un environnement défavorable (Inserm).

Selon l'âge de l'enfant, ce premier médecin peut être le médecin de PMI (jusqu'à la fin de la moyenne section), le médecin scolaire (à partir de la grande section) ou le médecin habituel (HAS).

Par où commencer ?

  • L'enfant parle peu ou se fait mal comprendre : médecin traitant, puis bilan orthophonique.
  • Il lit ou écrit avec grande difficulté : bilan orthophonique, puis suite selon les résultats.
  • Il est maladroit, l'écriture est laborieuse : médecin, puis bilan psychomoteur ou ergothérapique. 
  • Difficultés d'attention : médecin, puis bilan neuropsychologique. 

L'ordre exact peut varier selon la situation ; seul un médecin peut orienter précisément.

Trois questions pour s'orienter

  1. Quel est le problème principal ? Pour le langage, la lecture, l'orthographe ou le calcul, l'orthophonie est le point de départ (Inserm). Pour les gestes, l'écriture manuelle ou l'attention, mieux vaut en parler d'abord au médecin.
  2. Depuis quand, et avec quel retentissement ? Une difficulté qui dure ou qui pèse sur la vie scolaire ou quotidienne justifie une évaluation médicale (HAS).
  3. Y a-t-il un doute sur l'audition ou la vue ? Un bilan ORL ou ophtalmologique peut être utile en premier, parce qu'une difficulté sensorielle peut expliquer certaines difficultés et doit être écartée avant de conclure à un trouble.

Le rôle de l'école dans le choix du professionnel

L'enseignant ne choisit pas le professionnel, mais il fournit des observations précieuses. Le guide de la HAS indique que les enseignants spécialisés (RASED) et les psychologues de l'Éducation nationale peuvent aider à objectiver les difficultés à l'aide d'outils standardisés. Ces observations aident ensuite le médecin à décider vers quel bilan orienter.

Pourquoi plusieurs bilans ?

Près de 40 % des enfants avec un trouble des apprentissages en ont plusieurs (Inserm). Chaque professionnel éclaire une facette ; le médecin rassemble le tout. La HAS organise le parcours en trois niveaux pour éviter l'errance : proximité, équipes pluridisciplinaires, centres de référence.

Et quand les avis semblent différents ?

Chaque professionnel peut décrire la situation avec ses propres mots. Cela ne veut pas dire que l'un a tort : chacun éclaire une facette, et c'est au médecin de les rassembler. Il est utile de demander des comptes rendus écrits, de les apporter à chaque rendez-vous et de demander à un professionnel d'expliquer ses termes. La HAS recommande que les enfants et leurs parents soient informés et associés aux décisions.

Si la situation est complexe, le médecin peut orienter vers une équipe pluridisciplinaire (niveau 2) ou, dans les cas les plus sévères, vers un centre de référence (niveau 3). 

Quand consulter ?

  • difficultés persistantes de langage, de lecture, d'écriture, de calcul ou de gestes ;
  • doute sur l'audition ou la vue ;
  • fatigue ou découragement lié à l'école ;
  • difficultés qui durent après 3 à 4 mois d'aides en classe.

Une évaluation spécialisée permet de mieux comprendre la situation.

FAQ

Peut-on consulter un orthophoniste sans ordonnance ?

Pour un bilan remboursé, une prescription médicale est nécessaire.

L'orthophoniste peut-il poser un diagnostic ?

Le diagnostic est posé par un médecin ; le bilan de l'orthophoniste en est une pièce essentielle (Inserm).

Faut-il voir plusieurs professionnels en même temps ?

Pas toujours ; c'est le médecin ou le bilan initial qui l'indique.

Faut-il passer par un centre de référence ?

Non, la HAS les réserve aux cas les plus sévères ou complexes.

Peut-on faire un bilan en visio ?

Pour le bilan orthophonique, voir l'article Téléorthophonie : avantages, limites et règles.

Sources

  • Inserm via Santé.fr, Troubles spécifiques des apprentissages : les « dys », https://www.sante.fr/node/6407203
  • Haute Autorité de santé, Troubles dys : comment mieux organiser le parcours de santé ?, https://www.has-sante.fr/jcms/c_2824177
  • Haute Autorité de santé, rôle de l'enseignant face à un enfant avec un trouble dys (2018), https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2018-01/role_enseignant_vf.pdf