Dysorthographie : signes à repérer chez l'enfant

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Dysorthographie : mon enfant fait beaucoup de fautes, est-ce un trouble ?

L'essentiel en 30 secondes

  • La dysorthographie est un trouble durable de l'expression écrite, classé parmi les troubles spécifiques des apprentissages (Inserm).
  • Elle ne s'explique ni par un manque d'intelligence ni par un manque de travail.
  • Elle accompagne souvent la dyslexie : près de 40 % des enfants concernés ont plusieurs troubles.
  • Le diagnostic est posé par un médecin, après un bilan orthophonique.
  • Des adaptations scolaires existent : temps supplémentaire, ordinateur, consignes lues.

Une dictée rendue couverte de rouge, malgré les leçons révisées ? Avant de conclure à un manque d'attention, voici comment distinguer des erreurs ordinaires d'un trouble qui mérite un bilan.

Qu'est-ce que la dysorthographie ?

L'Inserm la décrit comme un trouble des apprentissages avec déficit de l'expression écrite. Elle fait partie des troubles « dys » durables, observés chez des enfants dont l'intelligence et l'environnement social sont adéquats.

Dysorthographie, dyslexie, dysgraphie : quelle différence ?

Trouble

Ce qui est touché

Dyslexie

La lecture

Dysorthographie

L'expression écrite, dont l'orthographe

Dysgraphie

Le tracé de l'écriture, souvent lié à la dyspraxie

Selon l'Inserm, la dyspraxie peut inclure certaines formes de dysgraphie. Les trois troubles peuvent se cumuler. Voir Les 7 troubles dys.

Comment obtenir un bilan ?

Le médecin utilise des outils de dépistage validés et oriente vers les bilans spécialisés : orthophoniste pour le langage écrit, et selon les cas psychomotricien, ergothérapeute ou neuropsychologue. Un bilan ORL ou ophtalmologique peut être utile. 

Quelles adaptations à l'école ?

L'Inserm cite la lecture orale des consignes, les photocopies de cours, l'ordinateur et le temps supplémentaire, possibles jusqu'au bac selon l'évolution. Le dispositif dépend de la situation : voir PAP, PPS, PAI, PPRE.

Erreurs ordinaires ou trouble : comment s'y retrouver ?

Tout enfant fait des fautes en apprenant à écrire, et l'orthographe française est exigeante. Ce qui doit inviter à en parler, ce n'est pas le nombre de fautes isolé mais leur persistance malgré un enseignement adapté et malgré les efforts de l'enfant. Le guide de la HAS destiné aux enseignants pose un cadre : si les difficultés persistent après 3 à 4 mois d'enseignement différencié, ou si elles sont importantes d'emblée ou retentissent sur la vie scolaire ou quotidienne, une évaluation médicale est nécessaire.

Pour repérer ces difficultés, la HAS situe les points d'attention de l'orthographe au CP et au CE1, en même temps que le décodage, la fluidité de lecture et la compréhension. Les enseignants peuvent aussi s'appuyer sur des évaluations normées pour objectiver ce qu'ils observent. 

Quelques questions utiles à poser à l'enseignant : depuis quand les fautes persistent-elles, quelles aides ont déjà été essayées, l'enfant progresse-t-il, ses résultats dépendent-ils de la matière ou de la quantité d'écrit demandée ? 

Quel parcours pour obtenir un diagnostic ?

Le parcours est celui de tous les troubles dys. Le médecin de l'enfant ou le médecin scolaire réalise le premier examen et prescrit les bilans. Le bilan du langage écrit revient à l'orthophoniste, parfois complété par d'autres professionnels. Le diagnostic est posé par un médecin, après exclusion d'une déficience intellectuelle, sensorielle, psychiatrique ou d'un environnement défavorable (Inserm).

La HAS décrit ensuite trois niveaux de recours : proximité, équipes pluridisciplinaires spécialisées et centres de référence. Un trouble simple reste en proximité, et seules les situations complexes ou sévères sont orientées plus loin.

Comment l'accompagner à l'école et à la maison ?

L'Inserm rappelle qu'il n'existe pas de technique miracle : la prise en charge vise à améliorer et à compenser. Elle associe un axe rééducatif, souvent l'orthophonie, à des adaptations pédagogiques. Ces adaptations, décrites par l'Inserm, sont la lecture orale des consignes, les photocopies de cours, l'utilisation de l'ordinateur et le temps supplémentaire, possibles jusqu'au bac selon l'évolution. La HAS ajoute qu'elles sont nécessaires quel que soit le soin prescrit, et qu'elles peuvent être demandées par les parents ou mises en place à l'initiative de l'enseignant. Elles sont formalisées dans un PAP, décidé par le chef d'établissement après avis du médecin, ou dans un PPS après reconnaissance du handicap par la MDPH. Voir PAP, PPS, PAI, PPRE.

À la maison, le plus utile est souvent d'éviter de confondre la difficulté et le manque d'effort. Un enfant qui fait beaucoup de fautes malgré ses révisions peut se décourager. La HAS recommande d'informer l'enfant et ses parents et de les associer aux décisions pédagogiques et thérapeutiques. 

Foire aux questions

Peut-on guérir de la dysorthographie ? Il n'existe pas de technique miracle ; la prise en charge vise à améliorer ou compenser (Inserm).

Les fautes d'orthographe de mon enfant sont-elles dues à un manque de travail ? Pas forcément : un trouble durable peut persister malgré les efforts. Seul un bilan permet de le savoir.

Un enfant dyslexique est-il forcément dysorthographique ? Les troubles s'associent souvent, sans que ce soit systématique.

Qui peut demander un PAP ? Les parents ou l'enseignant, l'école le mettant en place après l'avis du médecin scolaire ou du médecin traitant (HAS). La démarche est détaillée dans notre article sur PAP, PPS, PAI, PPRE.

Mon enfant peut-il utiliser un ordinateur en classe ? C'est l'une des adaptations citées par l'Inserm, avec le temps supplémentaire et les photocopies de cours. Elle doit être formalisée avec l'école.

La dysorthographie disparaît-elle avec l'âge ? C'est un trouble durable (Inserm). Les adaptations et la rééducation aident à compenser, sans effacer le trouble.

Sources et recommandations officielles