Les troubles dys : dyslexie, dyspraxie, dysphasie, tout comprendre
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Prendre rendez-vousLes troubles dys : comprendre les différences
L'essentiel en 30 secondes
- Les troubles « dys » sont des troubles durables des apprentissages, chez des enfants dont l'intelligence et l'environnement social sont adéquats (Inserm).
- Ils sont sévères chez 1 à 2 % des enfants concernés ; les troubles spécifiques des apprentissages touchent 5 à 7 % des enfants d'âge scolaire.
- Près de 40 % des enfants concernés ont plusieurs troubles.
- Il n'existe pas de technique miracle : on améliore et on compense.
- Le parcours de soins est organisé en trois niveaux par la HAS (2018).
Comment les troubles dys sont-ils diagnostiqués ?
Le médecin utilise des outils de dépistage validés et oriente vers les bilans spécialisés : orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute ou neuropsychologue. Le diagnostic est posé après exclusion d'une déficience intellectuelle, sensorielle, psychiatrique ou d'un environnement défavorable. Un bilan ORL ou ophtalmologique peut être utile.
Quel parcours de soins ?
La HAS (janvier 2018) organise le parcours sur trois niveaux : la proximité (médecin traitant et professionnel de rééducation), le niveau pluridisciplinaire, puis les centres de référence en CHU pour les cas complexes.
Quelle prise en charge et quelles adaptations ?
La prise en charge peut associer orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, orthoptie ou suivi psychologique. À l'école : consignes lues, photocopies, ordinateur, temps supplémentaire, possibles jusqu'au bac selon l'évolution, et orientation en ULIS pour les troubles sévères du langage écrit.
Les troubles dys en chiffres
Selon l'Inserm, 15 à 20 % des enfants ont des difficultés d'apprentissage ou des difficultés scolaires, mais seule une partie d'entre eux a un trouble spécifique des apprentissages. Ces troubles concernent 5 à 7 % des enfants d'âge scolaire, soit un à deux élèves par classe, et sont sévères chez 1 à 2 % des enfants concernés. Près de 40 % des enfants ont plusieurs troubles. La HAS, dans son dossier de presse de janvier 2018, estimait quant à elle que les troubles dys concerneraient près de 8 % des enfants d'âge scolaire : l'écart s'explique par des définitions et des périmètres différents.
Ces chiffres rappellent qu'une difficulté scolaire n'est pas un trouble, et qu'un trouble n'est ni un manque d'intelligence ni un manque d'efforts : les troubles dys touchent des enfants dont l'intelligence et l'environnement social sont adéquats.
Que peut-on observer en classe selon le domaine ?
Le guide de la HAS pour les enseignants organise le repérage par domaine d'apprentissage.
- Langage oral : un travail renforcé sur le langage oral et la conscience phonologique est recommandé dès l'école maternelle. Voir Retard de langage à 3 ans.
- Langage écrit : la conscience phonologique est travaillée dès la grande section, puis le décodage, la fluidité de lecture, l'orthographe et la compréhension au CP et au CE1. Voir Mon enfant est-il dyslexique ?
- Geste d'écriture : des difficultés dès la fin de la maternelle appellent davantage d'exercices de pré-écriture et d'écriture.
- Nombre et calcul : des difficultés à la fin de la grande section ou au CP appellent des activités de dénombrement et de manipulation concrète reliant quantités et collections.
Le document ne fournit pas de liste complète de signes par trouble : c'est le rôle du bilan.
Le parcours de santé en trois niveaux, en détail
Publié par la HAS en 2018, le premier guide de parcours de santé pédiatrique s'adresse aux soignants, aux enseignants et aux familles.
- Niveau 1, la proximité : médecins de l'enfant (généralistes ou pédiatres) et rééducateurs libéraux, en lien avec la PMI ou l'Éducation nationale. Il prend en charge les situations les plus simples et oriente vers le niveau 2 quand la proximité ne suffit pas.
- Niveau 2, le pluridisciplinaire spécialisé : équipes formées aux troubles dys sous la responsabilité d'un médecin expert. La HAS note que ce niveau existe par endroits mais reste peu structuré.
- Niveau 3, les centres de référence : rattachés aux CHU, pour les cas les plus sévères ou complexes. La HAS signale qu'ils sont saturés par des sollicitations trop fréquentes.
Quel que soit le niveau, le projet de soins comprend un axe rééducatif (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, orthoptie), un axe psychologique si nécessaire et un axe médical si besoin. La HAS insiste aussi sur la collaboration entre l'Éducation nationale et les soignants, et sur l'information des enfants et des parents.
Par où commencer ?
Si vous avez un doute, le premier interlocuteur est le médecin habituel de l'enfant, ou le médecin de PMI ou scolaire selon l'âge. Il pourra prescrire les bilans utiles.
Foire aux questions
Combien d'enfants sont concernés ? 5 à 7 % des enfants d'âge scolaire présentent un trouble spécifique des apprentissages, soit un à deux élèves par classe (Inserm).
Un enfant dys peut-il avoir plusieurs troubles ? Oui, c'est le cas de près de 40 % d'entre eux (Inserm).
Les troubles dys disparaissent-ils avec l'âge ? Ils sont décrits comme durables : on apprend à compenser et à s'adapter (Inserm).
Quelle différence entre difficultés scolaires et trouble dys ? 15 à 20 % des enfants ont des difficultés d'apprentissage ou scolaires, mais seule une partie a un trouble spécifique (Inserm).
Qu'est-ce qu'un centre de référence ? Un centre rattaché à un CHU, destiné aux cas les plus sévères ou complexes (niveau 3 de la HAS).
Le médecin traitant peut-il suivre un enfant dys ? Oui pour les situations les plus simples : le niveau 1 réunit les médecins de l'enfant et les rééducateurs libéraux.
Les enfants dys ont-ils des difficultés intellectuelles ? Non, les troubles dys touchent des enfants dont l'intelligence est adéquate (Inserm).
Existe-t-il un traitement qui guérit ? Il n'existe pas de technique miracle : la prise en charge vise à améliorer et à compenser (Inserm).
Sources et recommandations officielles
- Inserm via Santé.fr, Troubles spécifiques des apprentissages : les « dys », des troubles durables mais qui se prennent en charge.
- Haute Autorité de santé, Troubles dys : comment mieux organiser le parcours de santé ?







