Trouble développemental du langage (TDL) : les signes
Un doute ? Un bilan répond à vos questions en 1 heure.
Sans liste d'attente • Depuis chez vous • Compte-rendu valable MDPH et PAP
Prendre rendez-vousTrouble développemental du langage : de quoi parle-t-on ?
Vous avez peut-être lu « dysphasie » dans un compte rendu et « TDL » sur un site récent. Cet article explique ce que recouvrent ces mots et quand en parler à un professionnel.
Qu'est-ce que le TDL ?
Le terme vient d'un travail de 59 experts anglophones, le consortium CATALISE, mené en 2015 et 2016 et publié en 2017. Il désigne un trouble du langage sans cause biomédicale connue, au sens du Developmental Language Disorder des publications internationales. Un trouble du langage est un ensemble de difficultés qui gênà la vie quotidienne et qui peut avoir des conséquences durables.
TDL, dysphasie, retard de langage : quelle différence ?
| Mots | Ce que l'on entend souvent |
|
Retard de langage |
Le langage se développe plus lentement que prévu ; il peut se normaliser ou révéler un trouble |
|
Trouble spécifique du développement du langage oral |
Terme de la HAS pour un trouble qui ne s'accompagne pas de déficience mentale |
|
Dysphasie |
Terme français courant pour un trouble du langage oral durable |
|
TDL |
Terme du consensus international, à retrouver de plus en plus dans les comptes rendus |
La HAS précise que les troubles spécifiques excluent les troubles secondaires à une maladie neurologique, psychiatrique ou sensorielle, les malformations de la bouche, le bégaiement et les troubles acquis.
Quels signes doivent alerter ?
Les repères de la HAS pour les enfants de 3 à 6 ans sont les mêmes : langage peu compréhensible pour les inconnus, absence de phrases structurées, difficultés de compréhension. Voir Retard de langage à 3 ans : repères et quand consulter. Chez l'enfant plus âgé, les difficultés peuvent se voir à l'école : consignes mal comprises, phrases difficiles à construire, lecture et écriture touchées.
Comment se passe l'évaluation ?
Le bilan orthophonique évalue l'expression, la compréhension et la pragmatique, c'est-à-dire l'usage du langage pour communiquer. Il est complété par un examen de l'audition, un examen neurologique et une évaluation des compétences non verbales. Selon l'Inserm, le diagnostic est posé par un médecin après exclusion d'une déficience intellectuelle, sensorielle, psychiatrique ou d'un environnement défavorable.
Pourquoi tant de mots différents pour parler du même trouble ?
La confusion vient d'un problème d'étiquettes. Pendant des années, les publications et les pays n'ont pas employé les mêmes termes pour décrire les troubles du langage de l'enfant, ce qui compliquait la recherche comme la communication avec les familles. Le consortium CATALISE a justement cherché à construire un accord entre experts sur le vocabulaire et sur les critères. Il a réuni 59 spécialistes anglophones en 2015 et 2016, et publié ses conclusions en 2017. Le résultat : le terme « Developmental Language Disorder », que l'on traduit par trouble développemental du langage (TDL), pour un trouble du langage sans cause biomédicale connue.
En France, la HAS emploie l'expression « trouble spécifique du développement du langage oral » et l'Inserm range ces difficultés parmi les troubles « dys ». Retenez qu'un compte rendu peut employer l'un ou l'autre de ces mots sans que la situation de votre enfant change : c'est le contenu du bilan, et non l'étiquette, qui décrit ses forces et ses difficultés. N'hésitez pas à demander à l'orthophoniste de vous expliquer le terme qu'il utilise.
Que signifie « spécifique » ?
Un trouble est dit spécifique lorsqu'on ne peut l'expliquer par une déficience intellectuelle, un trouble sensoriel (par exemple de l'audition), une maladie neurologique ou psychiatrique, ou une malformation de la bouche. C'est pourquoi le parcours d'évaluation comprend un examen de l'audition, un examen neurologique et une évaluation des compétences non verbales : il s'agit d'écarter ces autres causes avant de conclure. Le bégaiement et les troubles acquis sont aussi exclus de cette catégorie par la HAS.
Comment l'école peut-elle aider ?
Selon le guide de la HAS destiné aux enseignants, des difficultés de langage oral appellent un travail renforcé sur le langage oral et la conscience phonologique dès l'école maternelle, dans le cadre d'un enseignement différencié, explicite et mené en petits groupes. Si les difficultés persistent après 3 à 4 mois, une évaluation médicale est nécessaire. Pour un simple retard, l'équipe peut mettre en place un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative). Quel que soit le soin prescrit, des adaptations sont nécessaires pour que l'enfant continue à apprendre : elles sont formalisées dans un PAP, ou dans un PPS après reconnaissance du handicap par la MDPH. Voir PAP, PPS, PAI, PPRE.
Quel parcours de soins en cas de trouble du langage oral ?
La HAS décrit trois niveaux. Le niveau 1 réunit les médecins de l'enfant et les rééducateurs libéraux, en lien avec la PMI ou l'Éducation nationale, pour les situations les plus simples. Le niveau 2 s'adresse aux troubles plus complexes, avec des équipes pluridisciplinaires formées aux troubles dys sous la responsabilité d'un médecin expert. Le niveau 3 correspond aux centres de référence des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, dans les CHU, pour les cas les plus sévères ou complexes. Le projet de soins associe un axe rééducatif, par exemple l'orthophonie, un axe psychologique si besoin et un axe médical si besoin. Enfants et parents doivent être informés et associés aux décisions.
Foire aux questions
Le TDL est-il la même chose que la dysphasie ? Les deux désignent des troubles proches ; « dysphasie » est le mot français traditionnel, « TDL » celui du consensus international.
Un enfant bilingue peut-il avoir un TDL ? Oui, mais le bilinguisme seul n'est pas un trouble ; l'évaluation en tient compte.
Qui pose le diagnostic ? Un médecin, après les bilans spécialisés, dont celui de l'orthophoniste (Inserm).
Que veut dire « spécifique » dans trouble spécifique du langage ? Que le trouble ne s'explique pas par une déficience intellectuelle, un trouble sensoriel, neurologique ou psychiatrique (HAS).
L'école peut-elle adapter le travail avant même un diagnostic ? Oui : l'enseignement différencié est le premier niveau de réponse, et un PPRE peut être mis en place pour un simple retard (HAS).
Mon enfant sera-t-il suivi par un seul professionnel ? Pas nécessairement : le projet de soins peut associer plusieurs axes, rééducatif, psychologique et médical selon les besoins (HAS).
Les centres de référence sont-ils la première porte à pousser ? Non : la HAS les réserve aux cas les plus sévères ou complexes et signale qu'ils sont saturés par des sollicitations trop fréquentes.
Le TDL touche-t-il aussi l'écriture ? Les troubles du langage oral peuvent s'accompagner de difficultés d'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
Sources et recommandations officielles
- Haute Autorité de santé, L'orthophonie dans les troubles spécifiques du développement du langage oral chez l'enfant de 3 à 6 ans.
- Inserm via Santé.fr, Troubles spécifiques des apprentissages : les « dys ».
- Société canadienne, Developmental Language Disorder : updates on an international consensus (2019)







