Retard de langage à 3 ans : repères et quand consulter

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Retard de langage à 3 ans : que faire si mon enfant parle peu ?

Votre enfant a 3 ans et parle peu, ou on le comprend mal ? Vous n'avez pas besoin d'attendre une confirmation pour demander un avis. Voici les repères utilisés par les professionnels, sans poser de diagnostic à votre place.

Quels signes doivent faire consulter à 3 ans ?

La Haute Autorité de santé retient, entre 3 et 4 ans, trois situations qui justifient un bilan orthophonique :

  • un enfant que les personnes non familières ne comprennent pas ;
  • l'absence de structure grammaticale : à 3 ans, pas de phrase de 3 mots dont un verbe ;
  • des difficultés de compréhension.

Un élément compte particulièrement : l'enfant qui comprend bien mais prononce mal n'est pas dans la même situation que celui qui ne comprend pas les consignes simples.

Et si mon enfant a 4 ou 5 ans ?

Entre 4 et 5 ans, si le retard touche seulement la prononciation et que la compréhension est bonne, la HAS prévoit une simple surveillance avec un nouvel examen 6 mois plus tard. À 5 ans, un bilan est justifié pour tout trouble du langage confirmé par un test de dépistage.

Qui repère le problème ?

Toute préoccupation sur le langage de l'enfant, venant des parents, des enseignants ou des professionnels de santé, doit être prise en compte. Entre 3 et 4 ans, une simple question posée aux enseignants permet de repérer 20 à 25 % des enfants de maternelle susceptibles d'avoir un trouble. Demandez donc l'avis de l'école.

Que se passe-t-il lors d'un bilan orthophonique ?

L'orthophoniste évalue le langage sous trois angles : ce que l'enfant dit, ce qu'il comprend et la façon dont il utilise le langage pour communiquer. Un bilan médical associé est recommandé : examen de l'audition, examen neurologique et évaluation des compétences non verbales. Le compte rendu écrit détaille les tests utilisés.

Comment préparer le rendez-vous ?

Avant de consulter, quelques gestes simples rendent le bilan plus utile. Notez, sur une ou deux semaines, des phrases réelles de votre enfant : ce qu'il dit pour demander, pour refuser, pour raconter sa journée. Précisez avec qui il parle facilement et avec qui il se tait. Repérez aussi les consignes qu'il suit sans difficulté et celles qu'il ne suit pas quand elles ne s'accompagnent d'aucun geste. Ces exemples concrets aident le professionnel à distinguer ce que l'enfant dit, ce qu'il comprend et la façon dont il communique, les trois angles du bilan.

Apportez le carnet de santé, les éventuels comptes rendus d'audition et, si l'école vous les a transmises, ses observations. Si votre enfant est bilingue, indiquez les langues parlées à la maison et à quel âge il les a entendues : l'évaluation doit en tenir compte.

Que dire à l'école, et quand en parler ?

L'école est un bon observateur : l'enfant y est confronté chaque jour à des consignes, à des échanges avec d'autres enfants et à des activités de langage. La HAS rappelle que toute préoccupation d'un enseignant doit être prise en compte, au même titre que celle des parents. Si vous avez un doute, demandez à l'enseignant comment votre enfant s'exprime en classe, s'il comprend les consignes collectives et s'il se fait comprendre de ses camarades.

Le guide de la HAS sur les troubles dys précise un repère pour les enseignants : si les difficultés persistent après 3 à 4 mois d'un enseignement différencié, ou si elles sont importantes d'emblée ou retentissent sur la vie scolaire ou quotidienne, une évaluation médicale est nécessaire. Selon l'âge, elle peut être faite par le médecin de PMI (jusqu'à la fin de la moyenne section), le médecin scolaire (à partir de la grande section) ou le médecin habituel de l'enfant. Les parents peuvent aussi en parler eux-mêmes à ce médecin.

Et après le bilan, que se passe-t-il ?

Le bilan débouche sur l'une des trois issues suivantes, décidée avec l'orthophoniste : une simple surveillance avec un nouveau point plus tard, des conseils pour la maison et l'école, ou une rééducation orthophonique sur prescription.

Lorsque le trouble est durable, on parle de trouble du langage oral, rattaché aux troubles « dys ». La HAS décrit alors un parcours en trois niveaux. Au niveau 1, les médecins de l'enfant (généraliste ou pédiatre) et les rééducateurs libéraux prennent en charge les situations les plus simples. Au niveau 2, des équipes pluridisciplinaires spécialisées interviennent pour les troubles plus complexes. Au niveau 3, les centres de référence des troubles spécifiques du langage et des apprentissages, rattachés aux CHU, accueillent les cas les plus sévères. Votre médecin vous indiquera si une orientation vers un niveau supérieur est utile.

Le projet de soins comprend un axe rééducatif (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie ou orthoptie selon les besoins), et si nécessaire un axe psychologique et un axe médical.

Ne pas attendre quand

  • l'enfant ne comprend pas les consignes simples ;
  • le langage régresse ou s'arrête ;
  • il ne cherche pas à communiquer, même par gestes ;
  • vous avez un doute sur son audition.

Dans ces cas, parlez-en à votre médecin traitant ou à votre pédiatre.

Foire aux questions

Mon enfant de 3 ans ne dit que quelques mots, faut-il s'inquiéter ? C'est un signe qui mérite un avis, surtout si les phrases de 3 mots sont absentes ou s'il comprend mal. Un bilan permet d'y voir clair.

Un retard de langage disparaît-il tout seul ? On ne peut pas le prédire pour un enfant donné : c'est pourquoi la HAS recommande de tenir compte de toute préoccupation et de faire un bilan quand les signes ci-dessus sont présents.

Faut-il une ordonnance pour un bilan ? Pour être remboursé, oui : une prescription médicale est nécessaire.

Qui peut prescrire le bilan, et quel professionnel contacter en premier ? Le médecin traitant, le pédiatre, le médecin de PMI ou le médecin scolaire peuvent évaluer la situation (HAS). Ils orientent ensuite vers l'orthophoniste. 

Mon enfant comprend tout mais prononce mal, est-ce moins grave ? La HAS distingue en effet les deux situations : un simple défaut de prononciation avec une bonne compréhension peut être surveillé 6 mois entre 4 et 5 ans, alors qu'une difficulté de compréhension justifie un bilan sans attendre. Le mot « moins grave » n'est pas employé : c'est l'évaluation qui décide.

L'école peut-elle m'orienter ? Oui, l'enseignant peut faire part de ses observations et conseiller d'en parler au médecin. Il ne pose pas de diagnostic.

En quoi consiste le bilan médical associé ? La HAS recommande un examen de l'audition, un examen neurologique et une évaluation des compétences non verbales, en complément du bilan orthophonique.

Sources et recommandations officielles