Projet de vie MDPH enfant dys :
guide et exemples

Le projet de vie est la partie du dossier MDPH que les parents redoutent le plus. Pas parce qu'elle est technique, le formulaire ne l'est pas. Mais parce qu'elle demande de mettre en mots, noir sur blanc, ce que votre enfant ne peut pas faire. Et ça, c'est difficile.

Ce guide vous donne une structure claire, des formulations qui fonctionnent, et deux exemples complets rédigés, un pour la dyslexie, un pour la dysphasie, que vous pouvez adapter directement.

Point de vocabulaire important

Depuis 2019 et le nouveau formulaire Cerfa 15692*01, la section s'appelle officiellement « Vie quotidienne » (paragraphe B, page 8/20). Elle remplace l'ancien « Projet de vie ». Les deux termes sont encore utilisés indistinctement, dans cet article aussi. Le fond est identique.

Nathalie Ghozlan, orthophoniste

Nathalie Ghozlan

Orthophoniste D.É. · Co-fondatrice

CCO Paris 6 - 1993 · 30 ans d'expérience

Contenu validé →

Ce que l'équipe MDPH attend vraiment de ce document

L'équipe pluridisciplinaire de la MDPH lit des dizaines de dossiers chaque semaine. Ce qu'elle cherche dans le projet de vie, c'est simple : comprendre comment le trouble impacte la vie réelle de votre enfant, au-delà des chiffres du bilan.

Le bilan orthophonique dit « percentile 8 en lecture ». Le projet de vie dit ce que cela signifie concrètement : combien de temps prennent les devoirs, combien de fois votre enfant a pleuré cette semaine avant d'aller à l'école, ce qu'il dit de lui-même le soir.

Ce que dit Nathalie Ghozlan, orthophoniste D.É.

"Le projet de vie et le compte-rendu orthophonique se complètent. Le compte-rendu prouve le trouble cliniquement. Le projet de vie prouve son impact dans la vraie vie. L'équipe MDPH a besoin des deux pour évaluer le niveau de compensation nécessaire. Un projet de vie détaillé et précis peut faire la différence entre une AESH 6 h et une AESH 12 h."

Nathalie Ghozlan

Nathalie Ghozlan

Orthophoniste D.É. · Co-fondatrice

Ce que le projet de vie n'est pas

  • Ce n'est pas un texte célébrant les progrès de votre enfant, même s'il est brillant, même s'il aime l'école. Gardez les points forts pour la conclusion.
  • Ce n'est pas un résumé du bilan orthophonique, inutile de recopier les scores. La MDPH a le compte-rendu.
  • Ce n'est pas un document juridique, écrivez librement, dans vos mots. Il n'y a pas de mauvaise formulation.
  • Ce n'est pas figé, il évoluera au renouvellement. Ce que vous écrivez aujourd'hui ne vous engage pas pour toujours.

La structure en 4 parties

L'idéal est un document de 2 à 3 pages dactylographié, joint en annexe libre au formulaire. Voici la structure qui fonctionne.

Partie Contenu Longueur recommandée
1. Présentation de l'enfant Qui est-il, quel trouble, quelle scolarité, quels suivis en cours 1/2 page
2. Les difficultés au quotidien À la maison, à l'école, dans les relations sociales, impact réel heure par heure 1 à 1,5 pages
3. Les aides demandées Ce que vous souhaitez obtenir, formulé précisément 1/2 page
4. Les aspirations Points forts, ce qu'il aime, ce qu'il veut faire, donne un visage humain au dossier Quelques lignes

Partie 1 — Présenter l'enfant

Cette partie est courte mais fondatrice. Elle contextualise tout ce qui suit.

Ce qu'il faut mentionner

  • Prénom, âge, classe et établissement scolaire
  • Le diagnostic exact, reprenez les termes du compte-rendu ortho (ex : dyslexie phonologique modérée à sévère)
  • Depuis quand le trouble est connu et suivi
  • Les professionnels qui suivent l'enfant : orthophoniste (depuis quand, à quelle fréquence), autres
  • Les aménagements déjà en place : PAP, tiers-temps, ordinateur, et leurs limites actuelles

Exemple rédigé : Présentation (dyslexie)

Théo a 9 ans et est en CE2 à l'école Jean-Jaurès de Paris. Il a été diagnostiqué en juin 2024 avec une dyslexie phonologique modérée à sévère (percentile 7 en lecture de mots, écart-type -1,9), confirmée par un bilan orthophonique réalisé avec Nathalie Ghozlan, orthophoniste D.É. Il bénéficie depuis septembre 2024 d'une rééducation orthophonique hebdomadaire et d'un Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP) qui prévoit un tiers-temps et la photocopie des cours. Malgré ces aménagements, les difficultés persistent et s'intensifient avec les exigences croissantes du CE2.

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Partie 2 — Décrire les difficultés au quotidien

C'est la partie la plus importante. Elle doit être spécifique, factuelle, et couvrir tous les contextes de vie de l'enfant.

Les trois contextes à couvrir

À la maison

Décrivez la routine des devoirs : combien de temps, avec quelle aide parentale, comment cela se passe émotionnellement. Mentionnez les moments de la journée les plus difficiles.

Formulation faible : à éviter

« Théo a du mal à faire ses devoirs et a besoin d'aide. »

Formulation forte : à utiliser

« Les devoirs de Théo durent en moyenne 2 h 30 chaque soir, contre 30 à 45 minutes pour ses camarades de classe selon sa maîtresse. Je suis présente à ses côtés en permanence : sans aide, il bloque dès la première consigne écrite. Il pleure 3 à 4 soirs par semaine avant de commencer. Le week-end, une demi-journée est consacrée au rattrapage des leçons. Cette situation impacte fortement notre vie familiale et l'estime de soi de Théo, qui dit régulièrement qu'il est nul et bête. »

À l'école

Décrivez ce que l'enseignant observe. Si vous avez des courriers ou des bulletins qui illustrent les difficultés, mentionnez-les.

Formulation faible

« Théo a des difficultés en lecture et en français à l'école. »

Formulation forte

« En classe, Théo ne finit jamais les évaluations écrites dans le temps imparti, même avec le tiers-temps du PAP. Sa maîtresse nous a signalé en novembre qu'il ne comprend pas les consignes complexes sans qu'elle les lui relise individuellement. Il évite de lire à voix haute et refuse les exposés. Ses résultats en français sont inférieurs de 30 % à la moyenne de la classe malgré un investissement personnel important. Le bulletin du 1er trimestre mentionne « élève sérieux mais difficultés persistantes en lecture et en production écrite ». »

Dans les relations sociales et le bien-être

La souffrance émotionnelle du trouble non compensé est souvent plus durable que le trouble lui-même. Ne l'omettez pas.

Exemple rédigé

« Théo évite les jeux de société qui impliquent de lire. Il ne participe plus aux activités parascolaires depuis la rentrée, il dit qu'il est trop fatigué après l'école. Son pédiatre a signalé lors du dernier bilan une baisse significative de l'estime de soi et une anxiété scolaire croissante. Théo nous a dit plusieurs fois qu'il ne veut plus aller à l'école. »

À ne pas faire

Ne pas minimiser les difficultés pour « rester positif ». La commission MDPH ne connaît pas votre enfant, elle ne voit que le dossier. Si les difficultés sont réelles, écrivez-les. Ce n'est pas trahir votre enfant, c'est lui donner les aides auxquelles il a droit.

Exemples de formulations spécifiques par trouble

Pour la dyslexie et la dysorthographie

Ce que vous observez Formulation efficace pour le projet de vie
Lecture lente La lecture d'un texte de 10 lignes prend à [prénom] entre 8 et 12 minutes, contre 2 à 3 minutes pour un enfant de son âge. Il relit souvent la même ligne plusieurs fois sans progresser.
Erreurs orthographiques Malgré 2 ans de rééducation orthophonique et des révisions quotidiennes, les dictées de [prénom] comportent en moyenne 15 à 20 fautes pour un texte de 10 lignes. Les mêmes mots sont écrits différemment d'une ligne à l'autre.
Fatigue Après 45 minutes de lecture ou d'écriture, [prénom] présente des signes de fatigue intense : maux de tête, irritabilité, refus de continuer. La moindre tâche scolaire représente un effort disproportionné.
Impact émotionnel [Prénom] dit qu'il est « nul en français » et refuse de lire à voix haute en classe depuis octobre. Son enseignante nous a signalé qu'il demande de plus en plus souvent à aller aux toilettes pendant les dictées.

Pour la dysphasie

Ce que vous observez Formulation efficace
Difficultés à se faire comprendre Les personnes qui ne connaissent pas [prénom] comprennent moins de la moitié de ce qu'il dit. Il doit souvent répéter, reformuler, ou utiliser des gestes pour se faire comprendre. À l'école, ses camarades ont du mal à jouer avec lui car la communication est difficile.
Compréhension des consignes [Prénom] ne comprend pas les consignes orales de plus de deux étapes. À la maison, nous découpons systématiquement les instructions en étapes simples et répétées. Sans ça, il reste figé et ne sait pas par où commencer.
Expression écrite [Prénom] n'est pas capable de rédiger une phrase complète de façon autonome. Sa production écrite est limitée à 2 ou 3 mots, sans structure syntaxique. La prise de notes en classe est impossible.
Relations avec les autres [Prénom] joue seul dans la cour depuis la rentrée. Il n'initie pas le contact avec les autres enfants car il sait que la communication est difficile. Sa maîtresse nous a signalé qu'il est isolé.

Pour la dysgraphie

Ce que vous observez Formulation efficace
Écriture douloureuse [Prénom] se plaint de douleurs dans la main et le poignet après moins de 10 minutes d'écriture. Il change souvent de prise de crayon pour soulager la douleur. Son ergothérapeute a confirmé ces tensions musculaires lors de la dernière séance.
Écriture illisible L'écriture de [prénom] est illisible y compris pour lui-même, il ne peut pas relire ses propres notes le lendemain. Sa maîtresse nous a confirmé qu'elle doit souvent lui demander de lui dicter ce qu'il a écrit pour le noter.
Lenteur [Prénom] écrit en moyenne 3 mots par minute contre 10 à 12 pour un enfant de son âge. Il ne finit jamais les évaluations écrites, même avec le tiers-temps.

Partie 3 — Formuler les aides demandées

C'est la partie la plus actionnable du projet de vie. Soyez précis : la MDPH attribue ce que vous demandez, pas ce dont vous avez besoin si vous ne l'avez pas formulé.

Aide souhaitée Formulation floue Formulation précise et efficace
AESH Besoin d'aide en classe Je demande l'attribution d'une AESH à raison de [x] heures hebdomadaires pour aider [prénom] à : reformuler les consignes complexes, gérer l'organisation du travail écrit, et assurer la prise de notes lors des cours.
Ordinateur Besoin d'un outil informatique Je demande l'attribution d'un ordinateur portable avec logiciel de traitement de texte et correcteur orthographique, pour permettre à [prénom] de réaliser toutes ses productions écrites en classe et lors des examens.
SESSAD Besoin de plus de suivi Je demande une orientation vers un SESSAD spécialisé dans les troubles des apprentissages, pour une prise en charge pluridisciplinaire intensive (orthophonie, psychomotricité, soutien éducatif spécialisé) impossible à organiser en ville en raison des délais d'attente.
AEEH Aide financière Je demande l'attribution de l'AEEH et de son complément, afin de contribuer aux frais de rééducation orthophonique non remboursés par l'Assurance Maladie (x euros par mois) et au matériel pédagogique adapté.

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Exemple complet rédigé — Enfant dyslexique (à adapter)

Mode d'emploi

Cet exemple est rédigé pour un enfant de 9 ans en CE2 avec une dyslexie phonologique. Adaptez le prénom, l'âge, la classe, les chiffres et les détails à votre situation. Conservez la structure et le niveau de précision.

Projet de vie — Vie quotidienne (paragraphe B du Cerfa 15692*01)

Présentation de l'enfant

Théo a 9 ans et est scolarisé en CE2 à l'école primaire Jean-Jaurès de Paris (75015). Il a été diagnostiqué en juin 2024 avec une dyslexie phonologique modérée à sévère, confirmée par un bilan orthophonique : score standard de 72 en lecture de mots (percentile 7, écart-type -1,9), nettement en dessous du seuil diagnostique. Il bénéficie depuis septembre 2024 d'une rééducation orthophonique hebdomadaire et d'un Plan d'Accompagnement Personnalisé (PAP) qui prévoit le tiers-temps et la photocopie des cours. Malgré ces aménagements, les difficultés persistent et s'intensifient.

Difficultés au quotidien

À la maison : Les devoirs de Théo durent en moyenne 2 h 30 chaque soir, contre 30 à 45 minutes pour ses camarades. Je reste présente en permanence : sans aide, il est bloqué dès la première consigne écrite. Il pleure 3 à 4 soirs par semaine avant de commencer les devoirs. Il dit régulièrement qu'il est « nul et bête » et que ça ne sert à rien de travailler. Le week-end, une demi-journée entière est consacrée au rattrapage des leçons.

À l'école : Théo ne finit jamais les évaluations écrites, même avec le tiers-temps. Sa maîtresse nous a signalé qu'il ne comprend pas les consignes complexes sans qu'elle les lui relise individuellement. Il évite de lire à voix haute. Ses résultats en français sont inférieurs de 30 % à la moyenne de la classe. Le bulletin mentionne « élève sérieux mais difficultés persistantes et impact croissant sur l'ensemble des matières ».

Bien-être et relations : Théo a abandonné ses activités parascolaires en octobre, il dit être trop fatigué. Son pédiatre a noté une baisse significative de l'estime de soi et une anxiété scolaire croissante. Théo nous a dit plusieurs fois qu'il ne veut plus aller à l'école.

Aides demandées

Nous sollicitons : (1) L'attribution d'une AESH à raison de 12 heures hebdomadaires pour la reformulation des consignes, la gestion de l'organisation et la prise de notes. (2) L'attribution d'un ordinateur portable avec logiciel de traitement de texte pour toutes les productions écrites et les évaluations. (3) L'attribution de l'AEEH afin de contribuer aux frais de rééducation orthophonique (3 séances par mois non remboursées, 180 euros/mois).

Aspirations

Malgré ses difficultés en lecture, Théo est un enfant curieux, passionné par les animaux et la nature. Il a une mémoire auditive remarquable et retient tout ce qu'on lui explique à l'oral. Il rêve de devenir vétérinaire. Avec les bons outils et le bon accompagnement, nous sommes convaincus que Théo peut réussir son parcours scolaire et réaliser ses projets.


Exemple complet rédigé — Enfant dysphasique (à adapter)

Projet de vie — Vie quotidienne (paragraphe B du Cerfa 15692*01)

Présentation de l'enfant

Yanis a 7 ans et est en CP à l'école primaire Victor-Hugo de Marseille. Il a été diagnostiqué en mars 2024 avec une dysphasie mixte (atteinte de l'expression et de la compréhension), confirmée par un bilan orthophonique complet (EXALANG 5-8 : score composite langage oral au percentile 4, écart-type -2,3). Il bénéficie d'une rééducation orthophonique bi-hebdomadaire depuis ses 4 ans. La dysphasie est structurelle et persistante, les progrès sont réels mais le décalage avec la norme s'est maintenu sur 3 ans de bilan.

Difficultés au quotidien

À la maison : Les personnes qui ne connaissent pas Yanis comprennent moins de 40 % de ce qu'il dit. Nous servons en permanence d'interprètes entre lui et son entourage élargi. La communication quotidienne nécessite notre présence constante : nous répétons, reformulons, proposons des choix plutôt que des questions ouvertes. Le bain, les repas, le coucher, toutes les routines quotidiennes nécessitent 2 à 3 fois plus de temps que pour un enfant sans trouble, en raison des difficultés de compréhension des consignes.

À l'école : Yanis ne comprend pas les consignes orales de plus de deux étapes. Sa maîtresse doit lui répéter chaque consigne individuellement, face à face. Il ne participe pas aux échanges collectifs de la classe. Ses productions écrites sont limitées à quelques mots isolés. Il n'a pas encore commencé l'apprentissage de la lecture malgré les objectifs du CP. Le suivi GEVASCO établi avec l'équipe de suivi de scolarisation confirme ces difficultés.

Relations sociales : Yanis joue seul dans la cour. Il n'initie pas le contact avec ses camarades car il sait que la communication est difficile. Il a présenté des manifestations d'anxiété sociale significatives (refus de sortir de la maison le week-end, pleurs fréquents le dimanche soir avant la semaine scolaire).

Aides demandées

Nous sollicitons : (1) L'attribution d'une AESH à temps plein (20 heures hebdomadaires) pour la reformulation de toutes les consignes, la médiation dans les relations avec les pairs et la facilitation de la communication en classe. (2) Une orientation vers un SESSAD spécialisé dans les troubles du langage, pour une prise en charge pluridisciplinaire intensifiée. (3) L'attribution de l'AEEH avec complément pour contribuer aux frais de rééducation bi-hebdomadaire (environ 240 euros par mois non remboursés).

Aspirations

Yanis est un enfant affectueux, très attaché à sa famille et à ses quelques amis proches. Il est passionné par les trains et les constructions, il réalise des constructions Lego complexes avec une grande précision. Sa mémoire visuelle est excellente. Avec un accompagnement adapté, nous croyons profondément en sa capacité à progresser et à trouver sa place.

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Les 5 erreurs les plus fréquentes

1

Être trop positif

Parler des progrès, des points forts, de ce que votre enfant réussit bien, avant d'avoir décrit les difficultés. La commission ne peut pas évaluer un besoin de compensation si le dossier commence par les réussites.

La bonne approche

Difficultés d'abord, précises et factuelles. Points forts à la fin, en aspirations. L'équipe MDPH lira le document en entier, elle saura que votre enfant a des qualités. Ce qui compte pour l'évaluation, c'est la description des besoins.

2

Rester dans le vague

« Il a du mal à l'école » ne dit rien à l'équipe. « Il ne finit jamais les évaluations, même avec le tiers-temps, et obtient des résultats 30 % inférieurs à la moyenne de sa classe malgré 2 h 30 de devoirs par soir » dit tout. Chiffrez quand c'est possible. Citez des observations de l'enseignant.

3

Oublier l'impact émotionnel

La souffrance psychologique est un élément de compensation reconnu par la MDPH. Un enfant qui dit « je suis nul » tous les soirs, qui refuse d'aller à l'école, qui a abandonné ses activités, ça fait partie du tableau clinique. Le mentionner explicitement renforce le dossier.

4

Formuler les demandes de façon trop vague

« Des aides » ne suffit pas. « Une AESH à raison de 12 heures hebdomadaires pour la reformulation des consignes et la prise de notes » donne à la commission un élément clair sur lequel statuer. Plus votre demande est précise, plus la décision est rapide et conforme à vos attentes.

5

Ne pas faire le lien entre le compte-rendu et le projet de vie

Le projet de vie et le compte-rendu ortho doivent se répondre. Si le compte-rendu dit « dyslexie phonologique sévère avec impact significatif sur la production écrite », le projet de vie doit illustrer cet impact en termes concrets. Une incohérence entre les deux documents fragilise le dossier.


Questions fréquentes

Le projet de vie est-il obligatoire ?
Non. Il est facultatif dans le formulaire Cerfa 15692*01. Mais il est fortement recommandé, en particulier pour les troubles des apprentissages, où l'impact du trouble sur la vie quotidienne n'est pas toujours visible dans les bilans cliniques seuls. Ne pas le joindre revient à priver la commission d'informations essentielles pour évaluer votre demande.
Combien de pages doit-il faire ?
2 à 3 pages dactylographiées, en annexe libre. Trop court (moins d'une page), il n'est pas suffisamment détaillé. Trop long (plus de 4 pages), il risque d'être lu en diagonale. L'idéal est 2 pages précises et bien structurées.
Mon enfant peut-il le rédiger lui-même ?
Oui, selon son âge et ses capacités. La loi prévoit que le projet de vie est formulé par la personne elle-même ou, à défaut, avec ou pour elle par son représentant légal. Pour un enfant de moins de 12 ans, les parents rédigent généralement. Pour un adolescent, il peut co-rédiger certaines parties, notamment la section aspirations. Sa voix dans le document est un atout.
Peut-on se faire aider pour le rédiger ?
Oui. L'assistante sociale de l'école, le CAMSP, le SESSAD, les associations de parents (comme enfant-different.org ou APEDYS) peuvent accompagner la rédaction. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous directement à la MDPH pour un accompagnement gratuit à la constitution du dossier.
Faut-il un nouveau projet de vie à chaque renouvellement ?
Oui. Mais pas de zéro : vous pouvez repartir du précédent en l'actualisant. Notez ce qui a changé : l'âge, la classe, l'évolution des difficultés, les aménagements déjà en place et leurs résultats, les nouvelles demandes. Un renouvellement est aussi l'occasion de demander des droits supplémentaires si les besoins ont évolué.

Sources et références

  1. Cerfa 15692*01 — Formulaire de demande à la MDPH. CNSA.
  2. Article L. 114-1-1 du Code de l'action sociale et des familles (CASF).
  3. Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.
  4. CNSA. Guide pratique de la MDPH. cnsa.fr